mardi 26 avril 2011

Tassie Trip partie 2 : la Tasmanie sauvage

La neige au Mt Field National Park

Après ce bon repos chez Juliet et Craig on a repris la route vers le Nord-Ouest d’Hobart pour visiter le Mont Field National Park. Arrivés là-bas, on décide de monter en altitude jusqu’au parking d’où partent les randonnées vers les montages du Mt Field. Et là..sur la route on commence à voir quelques flocons de neige tomber.

Pas d’inquiétude démesurée, on savait qu’en Tasmanie il pouvait neiger un peu, même en été. On continue donc notre ascension à bord du van. Un grand tapis blanc recouvrait le parking à l’arrivée ! Piouf ! Il fait froid, il y a du vent et la nuit arrive ! Heureusement il y a un grand abri pour se réfugier et préparer à manger au sec. Toute la nuit, des rafales de vent remplies de neige ont battu notre petit van. On a sorti toutes nos couvertures et sacs de couchage en espérant que le lendemain le soleil serait là. Le matin, il neigeait toujours !! Quel dommage pour nous ! On a abandonné l’idée de faire notre rando bien sûr, il nous restait plus qu’à attendre que le soleil arrive car avec 10 cm de neige sur la route il était impossible de redescendre. A la place du soleil, une déneigeuse est arrivée pour nous ouvrir la route. Ouf ! On est donc redescendu au point d’information pour faire une petite balade dans la forêt du Mt Field où on a pu admirer des cascades sublimes et des arbres géants !



L’Ouest sauvage et ses lacs

Le temps ne s’est pas vraiment amélioré mais on a quand même décidé de s’enfoncer vers l’ouest en allant au bout de l’unique route qui existe. Direction le barrage de Gordon, haut de 140 mètres, près de la micro bourgade de Strathgordon (30 habitants : les gars du barrage). Nous étions enfin dans le Southwest National Park.

Après avoir vu le barrage on s’est dirigé vers les rives du lac Pedder pour une petite partie de pêche. Hélas, les poissons nous ont fait la gueule et Gaël est rentré bredouille. Le lendemain rebelotte sur une autre partie du lac. Non, ce n’est pas si facile que ça la pêche à la « trout » (truite en anglais) !

A part les lacs, on a profité de la région en faisant une petite randonnée vers le sud. C’est la zone sud-ouest de la Tasmanie où il n’y a aucune route, juste deux ou trois tracks (randonnées). On avait pas trop le temps pour faire une de ces rando du coup on a fait un tout petit bout au cœur de la « rainforest » genre de forêt tropicale mais pas trop..picale ! Ah ah ah ! Mais ça lui ressemble à cause de la diversité de la faune et de la flore et de l’impressionnante humidité.



Le Lac St Clair et le Mont Acropolis

Ce petit bout de rando nous avait ouvert l’appétit des pieds. On voulait faire une belle rando et s’en mettre plein les mirettes ! Direction le fameux « Lake St Clair and Cradle Mountain National Park », le plus beau parc de Tasmanie, appartenant au patrimoine mondial de l’Unesco (comme le centre ville de Lyon) ;-) On a programmé une méga randonnée de quatre jours près du lac St Clair.



Je dis méga rando, surtout parce qu’on s’est avalé des kilomètres ! Premier jour, le sud du lac (Cynthia Bay) vers la première « hut ». Alors la hutte, ici, c’est la cabane, le refuge de chez nous. C’est quasiment toujours en bois, avec un poêle pour se chauffer et du plancher bien plat et bien dur pour poser son matelas et son sac de couchage. Et puis aussi, toujours à une bonne centaine de mètres, il y a des toilettes sèches. Bref, le premier jour on avait 26 km de marche avec nos sacs bien chargés. On a mis 11 heures ! On était crevés mais très heureux  car le lendemain on avait prévu l’ascension du Mt Acropolis (1430 mètres).

Et bim le soleil nous a fait sauter de la tente pour grimper sur l’Acropolis ! Bon, c’était pas de la rigolade, ils plaisantent pas là-bas quand ils disent qu’ils faut utiliser les mains…ouais normal c’est de l’escalade !! et même pas un petit câble pour t’aider, rien, nada : les yeux dans le grand vide ! Enfin, je parle surtout pour moi parce que Gaël  était carrément moins affolé… Ainsi après avoir courageusement hissés nos fesses jusqu’en haut, on a pu se récompenser d’une vue extraordinaire.



Une immense beauté naturelle, on est planté là avec du dépaysement instantané. Des falaises saillantes d’un côté, une vallée couverte d’arbres verts étincelants de l’autre. Des pics pointus à l’horizon, pointus comme les montagnes qu’on dessine quand on est petit, les montagnes qu’on s’imagine : géantes et mystérieuses. Et puis, enfin , des monts tout plat aux falaises très larges imposantes, bordant le lac St Clair bleu azur. La classe quoi !

Bon la fin de la rando sera moins tintée de poésie elfique. Deux jours de mauvais temps, au menu les grands classiques tasmaniens : pluie, vent, grêle, neige et froid. Que du bon pour le tonus surtout les pieds dans la boue ! On était bien heureux de rentrer vers notre « van sweet van ».

De Queenstown à Launceston

Après ces quatre jours magiques, « into the wild », nous devions repartir vers la plus grande ville la plus proche pour régler notre souci mécanique : fuite d’eau… oups… On a choisi la ville la plus moche de Tasmanie, voir d’Australie, voir même du monde : Queenstown (ouais je sais c’est pas sympa pour la Queen).  Je vous passe les détails, et les explications du garagiste. On a mis du super « Stop Leak » (Stop les fuites !) dans le radiateur et puis ça roule !

Direction, Launceston pour trouver du boulot. Après le coup de flip de la tuture on s’est dit qu’on devait renflouer les caisses histoire de parer à l’imprévu. Pour le travail, on a choisi l’option pommes et raisins si affinités. Après une journée de tournée dans la Tamar Valley on pensait avoir échoué. Mais le lendemain, la ferme de Miller and Sons nous rappelle pour commencer le jour d’après !
Ouais louloulou on cueille des pommes !








mardi 22 mars 2011

Tassie Trip partie 1 : Le sud-est

On s’évade sur Bruny Island

Après 10 jours de dur labeur, on rêvait tous de se retrouver au bord d’une superbe plage à faire la saucisse grillée. Nous voici donc partis vers la merveilleuse Bruny Island tout au sud de la Tasmanie. Les Bruny Island sont en fait presque deux îles séparées par une mince bande de terre qu’on appelle isthme. C’est grâce au Lonely Planet qu’on s’est rappelé l’existence d’un mot pour un tel truc. Bref, après 20 minutes de traversée, on débarque à Robert Points avec notre van et la tuture de nos coupains.

Pour résumer, notre séjour aux Bruny est un excellent souvenir malgré le temps qui n’était pas vraiment chaud ni sec. On a pu faire la randonnée, « Peninsula Walk » qui longe la côte. Un panorama à couper le souffle à chaque pas (ou presque). Sur le chemin on a pu voir un échidné, sorte de très gros hérisson à museau très fin. Ensuite, comme on nous avait dit qu’on risquait fort de croiser des serpents tigres (serpents de la mort qui tue), Gaël s’est mis à fureter dans tous les coins le long du chemin. Si bien qu’on a fini par en voir un qui se faufilait rapidement dans les herbes hautes sur le bord de la piste. Un gros serpent tout noir et bien venimeux mais pas agressif.



Camille et le bon fromage

Le moment marquant de notre voyage aux Bruny Islands a commencé par une journée grise peu prometteuse en réjouissances. On avait décidé de rentrer vers la Tasmanie en fin d’après-midi, mais d’abord, on ne pouvait pas repartir sans avoir goûté le vin et le fromage du coin ! Et à la fromagerie on s’en est pris plein les papilles, ça nous a fait bien plaisir de grignoter du VRAI fromage comme chez nous, du qui pique et sent des pieds ! AH !! Eh en plus, la fromagère était française, et se prénomme Camille. A sa pause elle nous offre le café et vient discuter avec nous. Elle nous propose alors de venir boire un coup chez elle et son mari Jed. Du coup tout le monde est d’accord pour accepter cette invitation et reporter notre départ. On passe alors une superbe soirée chez Camille à déguster vin, fromages et les pizzas que sont mari venait de préparer pour nous. Sans oublier le perpétuel Barbecue ! On a pu tester les huîtres au feu de bois ! Pas mal du tout, ça a la forme d’une moule, la texture d’une moule mais avec un léger goût d’huître. Bref, c’était bon.



Hobart et le Wooden Boat Festival

A notre retour des Bruny Islands on s’était promis de ne pas se quitter sans faire la fête avec les copains ! Alors on a pris la route vers Hobart, la capitale Tasmane, haut lieu historique ! Arrivés là bas on perçoit comme une agitation inhabituelle, des gens partout et de la musique vers le port. Mais que se passe-t-il ? Eh bien nous sommes tombés sur le week-end du Wooden Boat Festival ( le festival des bateaux en bois). Un grand hangar d’exposition était rempli de stands divers sur tout ce qui touche de près ou de loin aux bateaux de bois. Dehors, les navires amarrés au quai étaient décorés de fanions multicolores et un petit bateau avec une maison dessus, faisait le tour du port avec une troupe de musiciens country à bord. Oh yeah !!! On se croyait au début du 20ème siècle !



Le soir, on s’est tous retrouvé pour un gros apéro à l’auberge où étaient installés nos potes et on a fait quelques partis de cartes, dont un King assez hilarant. Nouvelle règle : répéter en anglais tout ce qu’on dit en français !! Après ce petit échauffement on a filé en ville pour faire la fête dans un pub. On en a trouvé un avec un vrai groupe rock’n roll dedans, du 100 % australien !
Le lendemain, le samedi, on s’est tous retrouvé pour une après-midi de farniente sur les pelouses de Salamanca Place où se tient un grand marché. On s’est fait plaisir avec quelques fruits frais et du vrai jambon cru espagnol !

Finalement, on ne s’est pas quitté de suite. Pendant que Léo et Léa organisaient la suite de leur voyage, nous avons passé la journée du dimanche avec Manu et Max. On a grimpé en haut du Mt Wellington qui surplombe Hobart. Et on a eu un temps magnifique qui nous a permis d’admirer une vue exceptionnelle couvrant une bonne partie du Sud-est de la Tasmanie !



Opossum Bay et South Arm Beach

Le lundi on s’est tous retrouvé à Hobart pour se dire au revoir. On a repris la route avec Gaël en direction de la péninsule tasmane à la pointe sud-est de la Tasmanie. On s’est arrêté une nuit à South Arm Beach près d’Opossum Bay, juste à côté d’une plage de rêve ! Le matin, on a pris un petit-déjeuner de rêve, comme sur une plage de rêve, avec les pieds dans le sable à 10 mètres du bord de l’eau toute calme et toute bleu, mais un peu fraîche quand même.

C’est ici qu’une mamie qui se promenait sur la plage, nous a proposé de passer chez elle pour boire un café. Bien sûr on a dit oui, trop contents de faire la connaissance d’une vraie australienne. Du coup, après un bain de mer rafraîchissant on a filé à deux pas de la plage chez Vivienne, le prénom de la super mamie. On est resté bien une heure à déguster un bon café et à parler de nos vies. On est repartis avec pleins de dépliants touristiques, une branche de romarin du jardin et un très bon fromage !! Merci Vivienne !



Tasman Peninsula

En route pour la Tasman Peninsula, terre sauvage et…sauvage. Manque de pot, le temps commence à se gâter. On arrive tout de même à profiter de la vue splendide de Pirate Bay avant d’aller faire un tour sur les formations rocheuses incroyables appelées Tessellated Pavement. Un grand quadrillage de rochers, en forme d’énormes pavés, forgés par le sel, la glace et l’océan. Le soir, on a roulé vers le nord-ouest de la péninsule, en essayant de rattraper le beau temps. On a trouvé une superbe plage sur laquelle Gaël a pêché un poisson, un vrai et un gros poisson : un flathead ! « Claire !!! J’ai réussi !! » « Youpi !!! Mais on fait quoi maintenant ?! » Eh oui, on se retrouvait avec un poisson gigotant au bout du fil. Il fallait prendre une décision. Et comme on n’arrivait pas à enlever l’hameçon, on s’est rendu à l’évidence, il fallait le tuer pour le manger ! C’est ça la pêche en fait. On n’était pas préparé du tout avec Gaël tellement le simple fait d’attraper le poisson nous paraissait un exploit en lui-même ! Bref, assez de suspens, j’ai fini par lui trancher la tête au couteau :-( J’espérais au fond de moi que ça n’allait pas m’empêcher de dormir. Après ça, il fallu aussi l’écailler un peu et surtout le vider. On a réussi sans trop de problème. Et voilà, il était près à être déguster notre beau poisson ! Hum c’était trop bon, on était trop fiers !



Le lendemain on a presque fait le tour de la péninsule en voiture. On est passé par Port Arthur, lieu très touristique et connu en Tasmanie. La ville de Port Arthur accueillait un des plus gros et terrible pénitenciers d’Australie. Pour les prisonniers, aucune issue possible dans cet enfer du bout du monde, même s’ils parvenaient à fuir de la prison, il leur faudrait passer le mince bras de mer qui sépare la péninsule du reste de la Tasmanie et qui était gardé par d’énormes chiens enragés !! Brrrr ! On pouvait visiter ce lieu formidable pour la modique somme de 30 dollars. On est partis.

On a passé la nuit à Fortescue Bay, sur la côte est de la péninsule. Le lendemain, on est partis pour une randonnée de 5 heures vers le Cap Hauy et ses falaises immenses. On n’a pas été déçu par le spectacle à l’arrivée au Cap Hauy !! Des falaises (cliffs) de 300 mètres, du haut desquelles on a pu se promener. Enfin, se promener n’est pas le bon mot, en fait on y est allés à petits pas bien serrés et bien accrochés au sol, car à peine un mètre de trop et c’était la chute dans le grand bleu !!! Entre deux falaises, une sorte de gigantesque bâton de roche était planté dans l’océan, impressionnant. Eh bien, il y avait des gars qui étaient en train d’escalader ce truc ! On a observé un moment l’avancée du premier, il a du mettre au moins une heure et demie pour tout grimper !



Chez Juliet à Woodbridge

Après plusieurs semaines de contacts avec une amie de maman, nous allons enfin pouvoir aller rencontrer Juliet et son mari Craig. Il nous accueillent à bras ouverts dans leur jolie maison au bord de l’eau , juste en face des Bruny Islands, bref, le bon spot !

Forcément, ce sont des amis de maman et du coup très gentils, attentionnés et agréables ;) On a partagé nos aventures françaises et tasmanes autour d’un délicieux repas, on a fini la soirée autour d’un film français : Mic-Mac à tirlarigot , quelle soirée géniale !

Du coup un grand merci à eux 2, ce fut le moment parfait pour se ressourcer avant le reste de notre tasman trip !!





And now : Ze Diaporama !!!

samedi 5 mars 2011

Le temps des cerises

Nous voici déjà en février ! On boucle notre troisième semaine sur l’île de Tasmanie. Nous avons débarqués du Spirit of Tasmania II, le 17 janvier. Arrivés à Devenport nous avons pris le temps de nous remettre du voyage un peu mouvementé. 9 heures de traversée et quelques heures pendant lesquelles les vagues ont joué avec nos estomacs. Heureusement il y avait la télé avec l’Open de tennis, ça nous a bien fait passer le temps.

Nous sommes restés deux jours au Nord entre Devenport et Burnie. Nous avons trouvé par hasard un super spot de camping gratuit avec même des tasmans qui campent alors qu’ils habitent à côté ! Ils sont fous ces tasmans ! C’était à Sulfur Creek, nous y avons vu les premiers petits pingouins de nos vies ! On a pu les espionner juste après la tombée de la nuit. Ils sont trooooooop mignooooooonns, et également comiques avec leur démarche un peu bancale.

Mais bon, il fallait bien se rendre à l’évidence, les vacances étaient finies et il nous fallait vite nous mettre en route pour le Sud là où on savait qu’on pourrait trouver du boulot dans le fruit-picking. Hop c’est ainsi qu’on a traversé la Tasmanie par les Midlands pour arriver à Huonville. En une après-midi on a trouvé du travail à Cygnet, près de Huonville. Un super job dans le cherry-picking. Ah les cerises !! Le plan de rêve pour gagner plein de dollars australiens en peu temps, c’est ce que tout le monde nous avait dit. Nous voici donc dès  le lendemain matin (6h30) dans les vergers (orchards) de Glenburn !!! Ouais c’est parti on est au taquet, au taquet, au taquet ! On est payé 6,40 dollars brut le leg (cagette de 8 kilos à s’accrocher aux épaules) ce qui n’est pas un très bon prix. A la fin de la première journée, après 9 heures et demie de cueillette on comprend vite que pour devenir riche en cueillant des cerises il faut savoir cueillir vite, très vite. On fait une dizaine de cagettes chacun la première journée ce qui nous fait 100 dollars à deux. C’est moyen surtout vu le temps qu’on y passe. Il va falloir s’améliorer, certains pickers arrivent jusqu’à 30 voir 40 cagettes dans la journée ! Dommage que ce soit la fin de la saison, ça nous laisse peu de temps pour l’apprentissage. Tant pis on fait avec et on continue. On a bossé 11 jours en tout avec des journées plus courtes que d’autres et on a fait quelques soussous pour de nouvelles vacances !

Au camping de Cygnet, c’est un petit bout de la France, le QG des frenchies pickers. Ca sent bon les accents de toutes nos régions et les blagues à la con, bref on est un peu comme chez nous. On y  passe de supers moments à prendre l’apéro devant les sanitaires, à jouer à cache-cache avec le gérant qui ne voulait pas qu’on prenne de douche si on n’était pas du camping (même si ses douches étaient payantes). On a fait la connaissance de deux couples français : Léo et Léa, Max et Manu.

Début février la saison des cerises se termine. On était maintenant prêts avec nos copains français, prêts pour le Tasman Trip !!