jeudi 9 février 2012

Road trip en auto-stop

Fin fevrier

Notre prochain rendez-vous avec les montagnes est un nouveau challenge : 8 jours de rando. Mais comme on ne fera pas une boucle il nous faut nous organiser pour nos affaires. Plus de 750 km à faire pour rejoindre Te Anau puis Wanaka, un gros défit d'auto stoppeur.

On espère donc rejoindre Te Anau rapidement pour y laisser nos affaires qu’on retrouvera à l’arrivée. Puis il nous faudra aller à Wanaka, près du départ de notre randonnée qui traverse deux superbes parcs nationaux : le Mont Aspiring NP et le Fiordlang NP. Environ 100 bornes à parcourir en 8 jours de folie !

Mais avant ça, on a de la route ! Il faut déjà partir d’Arthur’s Pass. C’est comme ça qu’on rencontre deux scientifiques, français et suisse, qui sont en escale de quelques jours en Nouvelle-Zélande. Ils reviennent de 2 mois de creusage d’un glacier en Antarctique. Ils nous emmènent pas loin de Christchurch en passant par les formations rocheuses de Castle Hills. Ces énormes cailloux aux formes arrondies très fréquentés par les grimpeurs nous font un super spot de pique-nique.


Nous quittons nos scientifiques à la jonction qui doit nous mener vers le sud et Dunedin. Là encore nous avons la chance de ne pas attendre trop longtemps avant qu’un jeune kiwi et son van s’arrête. Il s’agit de Will qui vient de Greymouth sur la côte ouest et qui va justement vers Dunedin ! Quelle chance ! Hop c’est parti pour au moins 450 bornes à bord d’un vieux van sous un soleil de plomb.

Le seul hic, c’est que Will est un peu étrange. Il nous explique qu’il n’a pas assez d’argent pour payer l’essence pour tout le trajet. On se demande bien pourquoi il est parti alors ! Comme il nous avancera loin, on est d’accord pour participer aux frais. On lui donne donc 20 dollars en nous disant qu’il complètera. Mais non ! On est donc tombé en panne d’essence en faisant de l’auto-stop, juste à quelques kilomètres de notre destination. C’est trop drôle.


On est un peu déçus quand même parce qu’on a pas compris comment c’était possible de croire qu’on pouvait faire autant de bornes avec deux gouttes d’essence ! Ah ah ah ! Bref, tant pis, pour nous c’est pareil on est de retour sur le côté de la route. C’est là que Rebecca une nenette super cool nous prend et nous dépose à notre camping du soir tout près d’une immense plage de sable.


Le lendemain, on arrive à Dunedin sans problème. On en profite pour squatter Internet, boire une bière, acheter du gaz. Le soir est vite arrivé et on reprend la route un peu tard. Encore une fois nous avons la chance de rencontrer un gentil kiwi maori qui nous fera parcourir plus de 100 bornes.


Le trajet final vers Te Anau est par contre beaucoup moins facile. Pourtant on était parti plus tôt que d’habitude vers 10h00. On a passé la journée à faire des petits bouts de route, 20 kilomètres par ci et 30 par là. Jusqu’à une interminable attente dans un bled paumé dans la campagne. Pour rendre l’attente encore plus lourde on a eu droit à de la pluie.


On était à raz de désespérer quand deux allemands s’arrêtent pour nous prendre. Ils vont à Milford Sound et donc passent par Te Anau ! Youpiiiiiiiii on est sauvé ! On se fait même conduire devant la réception de notre camping, vers 17h.

Ouf, on peut enfin se reposer et admirer le gris 100% gris qui recouvrent le toit de la ville et du lac. Il faut dire qu’on est arrivé dans la région des Fiordlands où il pleut presque en continu toute l’année. Ouais ! ! ! Le lendemain, il pleut et les prévisions pour le départ prévu de notre rando ne sont pas bonnes donc on décide de rester à Te Anau en décalant d’un jour le périple.


Nous laissons donc nos affaires de voyageurs à Te Anau pour ne garder que celles de rando. Direction Wanaka, au Nord de Queenstown, à environ 300 bornes. Tout se passe bien ou presque pour cette session auto-stop. De toute façon on a vraiment la sensation d’avoir déjà connu le pire au niveau attente.
5ème jour de stop nous arrivons à Wanaka à une cinquantaine de bornes du départ de notre rando de la mort.


Il est temps d’un dernier repos et surtout de préparer nos sacs. On dévalise le supermarché pour nos 8 jours de bouffe. Purée en poudre, pâtes, sardines, saucissons, jambon, fromage, tortillas, œuf, soupes, vivres de course, chocolat !

Voilà, on est enfin prêts à partir pour une expédition de plus de 100 kilomètres, en autonomie totale. Rendez-vous de l’autre côté des montagnes, à Te Anau !





samedi 28 janvier 2012

Arthur's Pass : on se muscle les cuisses

Vers le 4 janvier...

C’est avec une motivation du tonnerre qu’on se dirige vers notre prochaine randonnée, la « Harman Pass Route » dans le « Arthur’s Pass National Park », un peu plus au sud que les Nelson Lakes.

Attention cette fois-ci, ça ne rigole plus, la randonnée est classée « Route » et « demanding » ce qui signifie que le track (sentier) n’est pas forcement tracé ni même balisé sur certaines sections. Mais la motivation de titiller le niveau de rando kiwi, d’attraper une truite et surtout de se relaxer dans des sources chaudes au milieu de la rando nous décide à foncer.

Mais avant cela, sur le trajet entre le « Nelson Lake NP » et  « Arthur’s Pass NP », Claire doit jouer les livreuses de journaux ( comme « Paperboy » mdr !!!) avec Russel, on se fait aussi prendre en stop 2 fois par les mêmes conducteurs sur 2 jours différents, on se fait amener au supermarché puis au camping par 2 australiens en vacances, on se prend une bonne drache, on se fait trouer la tente par des perroquets alpins en voie de disparition (Kea)  et on fait la connaissance de « PowerGirl », une sportive diététicienne qui fabrique des barres énergétiques trop bonnes.


Nous y voila ! Grand soleil, grands espaces, grandes rivières et donc … grand sourire ! 1ère fois qu’on commence une rando avec le soleil, ça donne la motive. Quelques traversées de rivières, de jolis glaciers et de jolis sommets environnants nous guident jusqu’à la Carrington Hut, Super confortable avec 4 chambres, 2 pièces à vivre et 2 bons poêles, « Great ».


2ème  jour, le vrai, celui où l’on doit monter le Harman pass. Après 600m de montée le long d’un torrent qu’il nous aura fallu traverser plusieurs fois, de belles chutes d’eau nous accueillent. Une fois au col ( le « pass »), la vue est splendide des 2 côtés. Le sourire ne nous quitte plus depuis plus d’un jour et il est en train de prendre racine sur notre visage.


La descente dans la « Mary valley » fût plus difficile que prévu et l’on commence à comprendre ce qu’est une « Route ». Le chemin demande d’être repéré à l’avance et certains passages dans les buissons nous donnent des leçons d’équilibre.

Une fois au fond de la vallée, il « suffit » de suivre la rivière. En fait, c’est encore plus technique car on est soit dans le lit de la rivière avec ses gros cailloux plus ou moins faciles à enjamber ou soit dans les broussailles alentours qui dissimulent sous leur feuilles des pièges en tout genre (trous, racines, flaques, autres plantes, ….). Bref on en chie bien et on met beaucoup plus de temps que prévu à faire les 3 kilomètres qui nous séparent d’un vrai sentier.


Une fois le sentier trouvé, un sentiment de facilité et de sécurité nous rempli. Mauvais feeling !!! En fait le sentier nous fait prendre des montées à faire quadrupler nos muscles des cuisses pour rejoindre la « Julia Hut » et ses fameuses sources chaudes.

Mauvaise surprise, la hutte est pleine et on doit se contenter d’une cabane très rustique mais rien que pour nous 2 :o) On peut enfin aller profiter des fameuses sources chaude au bord de la rivière. Il faut creuser un trou dans les graviers (du coup pas de plongeoir). L’eau qui s’y déverse est brûlante et il faut alors creuser une petite rigole qui ramène l’eau glacée de la rivière (comme un mélangeur de douche quoi !). Séance Relax avec cerise sur le gâteau, le reste de whisky du nouvel an. Trooooooop  boooooon.


3ème jour, quelques ponts de singes rigolos et un beau « rouléboulé » de ma spécialité dans les caillasses de la rivière, nous amènent au fameux « cableway ». Une nacelle suspendue à un câble manœuvrée à la manivelle par une 2ème personne (la version solo est apparemment très technique). Après avoir fait semblant de se perdre pendant une heure par ma faute, on arrive enfin à la hutte.


4ème jour, Nos plans sont modifiés à cause d’un récent glissement de terrain et l’on doit finir la randonnée par un sentier pour 4x4 le long de la « Taipo river ». C’est beaucoup plus court que prévu et du coup on se relaxe toute la matinée. Je pars essayer d’attraper une truite pendant que Claire se prélasse dans la hutte chauffée au poêle. On finit la randonnée heureux sous un joli soleil en pensant à la bonne pizza qu’on va se faire le soir.

Quelle aventure !!!


Nelson Lakes National Park

De fin décembre à début janvier 

Le nouvel an approche et après avoir dégusté un Noël plein d’aventure et de rencontres, on prévoit un nouvel an très différent au milieu des montagnes et d’une belle randonnée alpine de 6 jours : « Travers-Sabine circuit » dans le Nelson Lakes National Park (partie nord de l’ile du sud). En gros nos premières vraies montagnes !!

On déguste grave pour rallier le campement gratuit ( 4 km avec plein de gros sacs à chaque membre) à l’extérieur de la petite ville touristique de St Arnaud. Les prévisions météo sont pourries … tant pis c’est la Nouvelle Zélande, on verra bien demain matin. Pas de miracle, il drache … on retarde le départ au prochain rayon de soleil. Il arrivera finalement 2 jours plus tard après quelques inondations autour de la tente, quelques boissons chaudes et de longues heures passées dans la tente en mode « Abyss » (le film).


Finalement, le soleil arriva un 31 décembre 2011 et nos plans ont été revus à la baisse, timing serré pour le mois de janvier oblige. On va juste passer le réveillon dans un refuge, soit une balade de 2 jours. Y a pire comme plan B.

On se prend enfin nos premiers paysages alpins dans la rétine et on doit régler nos cuisses en mode « T1000 » (le robot dans Terminator) pour cette première journée le long d’une crête. Les photos parleront mieux d’elles-mêmes.


On arrive en fin de journée à la fameuse « Angelus Hut » et on peut admirer le superbe lac qui l’entoure. « Good Spot » lance-t-on à 3 israéliens qui arrivent en même temps. Cooool on va avoir des copains pour réveillonner et pour déguster le litre de whisky ramené pour l’occasion :o)

Quelle Ambiance dans la « Hut » !! Gérard lit son journal pendant que Germaine boit sa souplette. La gardienne est super sympa, elle connait le massif par cœur et donne de bons conseils. Tout le monde prévoit de se lever tôt le lendemain pour profiter de sa journée de rando. Bref une soirée de refuge très très banale :o( Pas de grosse bouffe ni de musiciens alpinistes … Pas grave on a notre tente et notre whisky …


Heureusement, durant un superbe coucher de soleil annonçant le début de la soirée de réveillon, on sympathise bien avec les israéliens et on commence à bien se poiler après quelques verres. 00h00 arrive, et avec, les turlututus qu’on n’avait pas oubliés, tradition oblige ! A ce moment là on s’est mis les autres randonneurs sur le dos et il fut plus prudent de finir la soirée dans la tente bien postée près du lac.


01/01/12, p’tite gueule de bois en admirant le lac. On se prépare tranquillement dans le refuge vidé des randonneurs stressés du matin ;) Le retour se fait par un chemin très merdique où l’on doit se mouiller les pieds plusieurs fois et où je me suis « éshorté » la jambe gauche. On rallie le campement très heureux de notre Rando New Year, le ventre plein d’un bon « fishandchipsburgerbieres » local ;o)

Bonne Année 2012 !!!