jeudi 12 avril 2012

La rando de la mort !!

Depuis notre arrivée en Nouvelle-Zélande, on rêvait d’un projet qui marquerait le voyage ! Le voici, un enchaînement de 3 treks sur 8 jours de marches. 110 kms à travers 2 parcs nationaux, le « Mt Aspiring National Park » et le « Fiordland NP ».

Tout cela dans le sud-ouest de l’île du sud, la partie la plus sauvage, la plus protégée et aussi la plus jolie. Bref n’y a que la météo qui pourrait nous gâcher la fête, comme dans ses habitudes…

Le 1er jour démarre sous un joli ciel bleu reflété par le lac de Wanaka, lui-même entouré de sommets enneigés par les précipitations de la veille. Perfecto !!


Deux américains randonneurs nous prennent en stop jusqu’au départ de la rando. Re-Perfecto !! On démarre sous une pluie de chinois, mais ça va on est rodé et on les esquive vite fait. On s’enfonce dans la vallée en direction des hauts sommets tenant compagnie au Mont Aspiring ( 3020m ). Le temps se gâte et un vent glacé se lève, heureusement, la journée est courte et l’on finit au chaud dans la tente, en croisant les doigts pour avoir le soleil le lendemain !!!

2ème jour : Avec ses 1400 mètres de grimpette, les mises en garde sur les dangers du sentier et les belles vues supposées sur le Mont Aspiring, la vallée et un beau gros glacier, cette journée promet d’être la meilleure de toute !!! En plus il fait beau !!! On a hâte d’être en haut !! Hurry Up !!

On ne se fait pas arnaquer, ça monte, ça monte pendant 6 heures … la neige qui n’a pas encore fondu, rend le sentier glissant mais tellement plus joli. Une fois au sommet, quelle vue mes amis !!! On se délecte dans toutes les directions et la grosse surprise se trouvait de l’autre coté du sommet : le Dart Glacier.

Il est Somptueux !! Gigantesque !! Blanc !! Bleu !! En fait, il vole même la vedette au Mont Aspiring. On prend tellement le temps d’admirer ce qui nous entoure sous ce beau ciel bleu que l’on prend vraiment beaucoup de retard. Ce n’est pas grave, le bivouac est autorisé sur une terrasse juste en face du glacier. Perfecto ! On va pouvoir passer la soirée à regarder Mr Dart. Il nous a même fait l’animation avec quelques avalanches de séracs venant de ses parois les plus abruptes.


3ème jour : Malgré le fabuleux spot, on n’a pas dormi de la nuit, non pas à cause du froid, mais à cause des Keas ! Ces perroquets alpins nous ont tenu éveillés toute la nuit en crapahutant autour de la tente, à la recherche de nourriture facile. Bref, on est contents de démarrer la journée en prenant le petit déjeuner sous les premiers rayons du soleil, toujours en face du glacier, Evidemmento !

Cette fois ci, on descend. On suit la vallée glacière en contemplant d’autres géants de glace sur les hauteurs autour de nous. Le soleil est encore au rendez-vous et rend la journée vraiment agréable. On prend le « lunch » à la grosse Dart Hut où l’on croise quelques Israéliens fort peu sympathiques et un Ranger plus amical.

Le lunch est à la hauteur de la journée ( galette jambon fromage concombre œuf) et l’on peut continuer le long de belle Dart vallée, toujours en compagnie de jolis glaciers. On est finalement accueilli par les "sandflies" de la Dailey hut. Cette fois ci on se paye le luxe de dormir sur des matelas à l’intérieur, en se disant qu'on l’a bien mérité :o)


4ème jour : On continue le long de la vallée en suivant la Dart River qui grossit au fur et à mesure de notre avancée. Des petits pioupious nous accompagnent, comme le Tomtit, le Robin, le Fantail ou encore des zolis petits perroquets. On alterne entre forêt et plaine avec le soleil et le sourire. La civilisation fait son grand retour sous forme de « JetBoats » remplis de touristes. La fin du sentier n’est plus très loin, au Chineman’s Bluff ( La falaise du chinois ).

Pour les autres randonneurs, c’est la fin de l’aventure mais pas pour Clairou et Gaelou ! On doit traverser la Dart River pour atteindre une cabane où nous passerons la nuit. Plus facile à dire qu’a faire, la première tentative me fait comprendre la force d’une rivière et le danger qu’elle représente. Je sentais mes pieds rouler sur le fond de la rivière …. Brrr j’ai eut chaud.

Sous les conseils avisés de Claire, j’essaie un peu plus loin vers un coude.  C’est en effet beaucoup moins profond et on décide de la tenter là. On se tient tout les 2 par les hanches pour avoir plus d’appui et de résistance au fort courant de la Dart River. Ce fut vraiment folklo et on a cru se retrouver à l’eau plusieurs fois surtout à la fin de la traversée, dans l’extérieur du coude, où le courant et le plus fort.


Pfiou nous voila de l’autre coté !!! Quel « challenge » (dites Tchalinge :) contre la force de la nature ! Reste plus qu’à vider la caillasse dans les godasses et à s’installer dans notre petite cabane. Ça tombe bien, celle-ci est bordée d’un joli bassin à l’eau translucide. Trop bien on est que tt les 2, On démarre le feu pour que le moment soit encore plus parfait :o) Au coucher, on ne savait pas qu’il nous restait une aventure à vivre dans cette journée.

« Claire Claire j’en ai une !! », Je viens d’attraper ma première truite !! Quel événement attendu ! On a bien galéré à préparer le poisson dans le noir en se faisant dévorer par les « sandflies » ( être dévorés pour dévorer !). Il se fait tard, on le laisse dans un sac d’eau froide pour la cuire le lendemain.


5ème jour : Et maintenant la cuisson de la fameuse truite !! 2/3 branches et du fil de fer nous serviront à improviser un barbecue dans la cheminée. No comment pour la cuisson, les photos parlent d’elles-mêmes :o)


Le reste de la journée est un peu pourrie, en référence au temps et au sentier très mal entretenu. On arrive finalement à rejoindre la dernière partie de notre aventure : Le Routeburn Track, un sentier ultra connu et ultra parcouru, mais qui est censé valoir le coup niveau paysage.

En effet, le temps finit par s’améliorer et l’on peut admirer les jolis sommets qui bordent la plaine où nous posons notre tente. On y dormira heureux, le ventre plein de truite :o)


6ème jour : Le temps décide de nous gâcher la journée et de nous montrer son plus beau gris. Ce n’est pas forcément une journée désagréable mais on a passé notre temps à imaginer les beaux sommets et la magnifique vue sur la « Hollyford Valley » derrière ce manteau gris. Ça tombe bien, c’est peut être la seule fois que l’on a l’occasion d’être ici dans notre vie … Bref un refrain bien répété.

Reste un très joli passage dans une forêt magique, d’un fantastique digne de notre imagination la plus folle.


Le soir, on rencontre quelques Français et Québécois sympathiques mais tous parlent un peu trop. C’est l’occasion d’aller faire un petit tour près du joli Lac MacKenzie qui s’est débarrassé de ses nuages.

7ème jour : Surprise au lever, le ciel est bleu !!! Avec Claire, on décide de remonter le sentier de la veille pour profiter de la vue que l’on a loupé. Opération à moitié réussi car le ciel s’est couvert le temps de la montée. Ce n’est pas très grave car la vue est très jolie et l’on passe une bonne heure à regarder les sommets de la « Hollyford valley » jouer avec les nuages.


Nous poursuivons la route vers le Lac Howden, qui sera notre dernière étape de cette rando de la mort. Le sentier est magnifique, en particulier la flore, on y rencontra beaucoup de mousses multicolores, de fougères toujours plus vertes et de zolies petites fleurs. On prend notre temps, on n’est pas pressé d’arriver. Sauf que le temps devient menaçant ! On posera notre tente sous les premières gouttes. Tout juste ! On va pouvoir déguster nos derniers vivres bien au chaud, en écoutant la sauce tomber sur la toile de tente.

8ème et dernier jour, le réveil est superbe, dans une atmosphère magiquement néo-zélandaise, un mixe de nuages, de couleurs sorties d’ailleurs, d’une lumière genre seigneur des anneaux et de magnifiques paysages.


Coupable d’avoir été plutôt gourmand, on n’a plus de gaz pour le petit déjeuner … On est contraints de demander de l’aide au gardien du refuge le plus proche et celui-ci accepte sans le sourire. Faut dire que pour profiter de la hutte, il faut payer environ 50$ chacun, alors ils n’aiment pas trop les randonneurs radins.

Enfin bref, on profite de notre dernier breakfast à côté du lac ensoleillé rempli de petites truites qui remuent la surface et cassent les reflets des sommets alentours. On descend lentement et on fait volontiers le détour qui nous amène au « Key Summit », un sommet clef comme son nom l’indique, au carrefour de 3 vallées.

La vue est splendide, les montagnes alentour sont aussi abruptes qu’impressionnantes, même avec leur faible altitude (env 1500m). On peut même apercevoir quelques glaciers. C’est exactement le tableau réservé par les montagnes des « Fiordlands ».


On est pas vraiment pressé de redescendre surtout qu’il ne nous reste plus qu’une heure de marche pour arriver au parking. On croise de plus en plus de touristes non-randonneurs  (genre sans sac, pressés d’en finir avec leur mini-rando :o) On entend les voitures passer pas loin, ça sent l’arrivée !!


On y est …. Ahhhhh quel parcours !! Merci la nature !!! On n'a qu’une hâte : Boire eun’bonne bière et remettre ça dans 2 jours :o)



jeudi 9 février 2012

Road trip en auto-stop

Fin fevrier

Notre prochain rendez-vous avec les montagnes est un nouveau challenge : 8 jours de rando. Mais comme on ne fera pas une boucle il nous faut nous organiser pour nos affaires. Plus de 750 km à faire pour rejoindre Te Anau puis Wanaka, un gros défit d'auto stoppeur.

On espère donc rejoindre Te Anau rapidement pour y laisser nos affaires qu’on retrouvera à l’arrivée. Puis il nous faudra aller à Wanaka, près du départ de notre randonnée qui traverse deux superbes parcs nationaux : le Mont Aspiring NP et le Fiordlang NP. Environ 100 bornes à parcourir en 8 jours de folie !

Mais avant ça, on a de la route ! Il faut déjà partir d’Arthur’s Pass. C’est comme ça qu’on rencontre deux scientifiques, français et suisse, qui sont en escale de quelques jours en Nouvelle-Zélande. Ils reviennent de 2 mois de creusage d’un glacier en Antarctique. Ils nous emmènent pas loin de Christchurch en passant par les formations rocheuses de Castle Hills. Ces énormes cailloux aux formes arrondies très fréquentés par les grimpeurs nous font un super spot de pique-nique.


Nous quittons nos scientifiques à la jonction qui doit nous mener vers le sud et Dunedin. Là encore nous avons la chance de ne pas attendre trop longtemps avant qu’un jeune kiwi et son van s’arrête. Il s’agit de Will qui vient de Greymouth sur la côte ouest et qui va justement vers Dunedin ! Quelle chance ! Hop c’est parti pour au moins 450 bornes à bord d’un vieux van sous un soleil de plomb.

Le seul hic, c’est que Will est un peu étrange. Il nous explique qu’il n’a pas assez d’argent pour payer l’essence pour tout le trajet. On se demande bien pourquoi il est parti alors ! Comme il nous avancera loin, on est d’accord pour participer aux frais. On lui donne donc 20 dollars en nous disant qu’il complètera. Mais non ! On est donc tombé en panne d’essence en faisant de l’auto-stop, juste à quelques kilomètres de notre destination. C’est trop drôle.


On est un peu déçus quand même parce qu’on a pas compris comment c’était possible de croire qu’on pouvait faire autant de bornes avec deux gouttes d’essence ! Ah ah ah ! Bref, tant pis, pour nous c’est pareil on est de retour sur le côté de la route. C’est là que Rebecca une nenette super cool nous prend et nous dépose à notre camping du soir tout près d’une immense plage de sable.


Le lendemain, on arrive à Dunedin sans problème. On en profite pour squatter Internet, boire une bière, acheter du gaz. Le soir est vite arrivé et on reprend la route un peu tard. Encore une fois nous avons la chance de rencontrer un gentil kiwi maori qui nous fera parcourir plus de 100 bornes.


Le trajet final vers Te Anau est par contre beaucoup moins facile. Pourtant on était parti plus tôt que d’habitude vers 10h00. On a passé la journée à faire des petits bouts de route, 20 kilomètres par ci et 30 par là. Jusqu’à une interminable attente dans un bled paumé dans la campagne. Pour rendre l’attente encore plus lourde on a eu droit à de la pluie.


On était à raz de désespérer quand deux allemands s’arrêtent pour nous prendre. Ils vont à Milford Sound et donc passent par Te Anau ! Youpiiiiiiiii on est sauvé ! On se fait même conduire devant la réception de notre camping, vers 17h.

Ouf, on peut enfin se reposer et admirer le gris 100% gris qui recouvrent le toit de la ville et du lac. Il faut dire qu’on est arrivé dans la région des Fiordlands où il pleut presque en continu toute l’année. Ouais ! ! ! Le lendemain, il pleut et les prévisions pour le départ prévu de notre rando ne sont pas bonnes donc on décide de rester à Te Anau en décalant d’un jour le périple.


Nous laissons donc nos affaires de voyageurs à Te Anau pour ne garder que celles de rando. Direction Wanaka, au Nord de Queenstown, à environ 300 bornes. Tout se passe bien ou presque pour cette session auto-stop. De toute façon on a vraiment la sensation d’avoir déjà connu le pire au niveau attente.
5ème jour de stop nous arrivons à Wanaka à une cinquantaine de bornes du départ de notre rando de la mort.


Il est temps d’un dernier repos et surtout de préparer nos sacs. On dévalise le supermarché pour nos 8 jours de bouffe. Purée en poudre, pâtes, sardines, saucissons, jambon, fromage, tortillas, œuf, soupes, vivres de course, chocolat !

Voilà, on est enfin prêts à partir pour une expédition de plus de 100 kilomètres, en autonomie totale. Rendez-vous de l’autre côté des montagnes, à Te Anau !





samedi 28 janvier 2012

Arthur's Pass : on se muscle les cuisses

Vers le 4 janvier...

C’est avec une motivation du tonnerre qu’on se dirige vers notre prochaine randonnée, la « Harman Pass Route » dans le « Arthur’s Pass National Park », un peu plus au sud que les Nelson Lakes.

Attention cette fois-ci, ça ne rigole plus, la randonnée est classée « Route » et « demanding » ce qui signifie que le track (sentier) n’est pas forcement tracé ni même balisé sur certaines sections. Mais la motivation de titiller le niveau de rando kiwi, d’attraper une truite et surtout de se relaxer dans des sources chaudes au milieu de la rando nous décide à foncer.

Mais avant cela, sur le trajet entre le « Nelson Lake NP » et  « Arthur’s Pass NP », Claire doit jouer les livreuses de journaux ( comme « Paperboy » mdr !!!) avec Russel, on se fait aussi prendre en stop 2 fois par les mêmes conducteurs sur 2 jours différents, on se fait amener au supermarché puis au camping par 2 australiens en vacances, on se prend une bonne drache, on se fait trouer la tente par des perroquets alpins en voie de disparition (Kea)  et on fait la connaissance de « PowerGirl », une sportive diététicienne qui fabrique des barres énergétiques trop bonnes.


Nous y voila ! Grand soleil, grands espaces, grandes rivières et donc … grand sourire ! 1ère fois qu’on commence une rando avec le soleil, ça donne la motive. Quelques traversées de rivières, de jolis glaciers et de jolis sommets environnants nous guident jusqu’à la Carrington Hut, Super confortable avec 4 chambres, 2 pièces à vivre et 2 bons poêles, « Great ».


2ème  jour, le vrai, celui où l’on doit monter le Harman pass. Après 600m de montée le long d’un torrent qu’il nous aura fallu traverser plusieurs fois, de belles chutes d’eau nous accueillent. Une fois au col ( le « pass »), la vue est splendide des 2 côtés. Le sourire ne nous quitte plus depuis plus d’un jour et il est en train de prendre racine sur notre visage.


La descente dans la « Mary valley » fût plus difficile que prévu et l’on commence à comprendre ce qu’est une « Route ». Le chemin demande d’être repéré à l’avance et certains passages dans les buissons nous donnent des leçons d’équilibre.

Une fois au fond de la vallée, il « suffit » de suivre la rivière. En fait, c’est encore plus technique car on est soit dans le lit de la rivière avec ses gros cailloux plus ou moins faciles à enjamber ou soit dans les broussailles alentours qui dissimulent sous leur feuilles des pièges en tout genre (trous, racines, flaques, autres plantes, ….). Bref on en chie bien et on met beaucoup plus de temps que prévu à faire les 3 kilomètres qui nous séparent d’un vrai sentier.


Une fois le sentier trouvé, un sentiment de facilité et de sécurité nous rempli. Mauvais feeling !!! En fait le sentier nous fait prendre des montées à faire quadrupler nos muscles des cuisses pour rejoindre la « Julia Hut » et ses fameuses sources chaudes.

Mauvaise surprise, la hutte est pleine et on doit se contenter d’une cabane très rustique mais rien que pour nous 2 :o) On peut enfin aller profiter des fameuses sources chaude au bord de la rivière. Il faut creuser un trou dans les graviers (du coup pas de plongeoir). L’eau qui s’y déverse est brûlante et il faut alors creuser une petite rigole qui ramène l’eau glacée de la rivière (comme un mélangeur de douche quoi !). Séance Relax avec cerise sur le gâteau, le reste de whisky du nouvel an. Trooooooop  boooooon.


3ème jour, quelques ponts de singes rigolos et un beau « rouléboulé » de ma spécialité dans les caillasses de la rivière, nous amènent au fameux « cableway ». Une nacelle suspendue à un câble manœuvrée à la manivelle par une 2ème personne (la version solo est apparemment très technique). Après avoir fait semblant de se perdre pendant une heure par ma faute, on arrive enfin à la hutte.


4ème jour, Nos plans sont modifiés à cause d’un récent glissement de terrain et l’on doit finir la randonnée par un sentier pour 4x4 le long de la « Taipo river ». C’est beaucoup plus court que prévu et du coup on se relaxe toute la matinée. Je pars essayer d’attraper une truite pendant que Claire se prélasse dans la hutte chauffée au poêle. On finit la randonnée heureux sous un joli soleil en pensant à la bonne pizza qu’on va se faire le soir.

Quelle aventure !!!